​​​​​La piroplasmose chez le chien : symptômes, diagnostic et traitement

​​La piroplasmose est une maladie très répandue en France, qui attaque les chiens victimes d’une morsure de tique, à l’instar de la maladie de Lyme.

Ses symptômes sont difficiles à reconnaître et sa létalité reste importante, malgré les traitements.
Protéger son chien contre cette maladie dans ces conditions est donc assez difficile, c’est pourquoi il faut savoir l’identifier et miser sur la prévention pour lutter contre l’infection.

​​C’est quoi, la piroplasmose ?

​​La piroplasmose, ou babésiose est une infection transmise par les tiques, qui a été découverte au 19e siècle chez les bovins.

Elle attaque aussi bien le chien que le chat et n’est pas contagieuse.

Le babésie est un parasite minuscule (protozaire), en forme de poire (d’où le nom piroplasme) qui infecte les globules rouges. Il les fait éclater, provoquant une anémie. Les déchets de ces globules rouges provoquent des infections aux reins, aux poumons, au cerveau et au foie.

Dans le cas du chien, nous aurons affaire à babésia canis, ou piroplasme.

Le parasite passe par la salive de la tique qu’elle utilise en injection comme anti-coagulant. Le babésia canis se diffuse dans le sang du chien environ 48 heures après la morsure de tique.

Dans de très rares cas, la contamination peut se faire par transfusion de sang.

Épidémiologie de la piroplasmose

​Toute la France est une zone à risque pour les chiens, même si des disparités importantes existent entre les régions.

Les endroits les plus touchés sont bien entendu ceux où la présence de tiques est la plus répandue. Une tique aime la chaleur (c’est pourquoi on commence à les voir apparaître au printemps).

Elle se cache dans les forêts et les hautes herbes, en somme, les endroits que votre animal de compagnie préfère. On se méfiera donc des régions au climat tempéré ou chaud, et fortement boisé.

Les tiques restent à l’affût pour se nourrir de sang. Comme elles mordent de nombreux animaux, elles transmettent facilement des germes vecteurs de maladies (bactéries, virus, parasites) d’un animal à l’autre, dont la maladie de Lyme, et la babésiose via le piroplasme. Dans ce dernier cas, les tiques transmettent le parasite à leurs larves, multipliant les risques.

La prévention reste donc le meilleur moyen de limiter les contaminations. L’une des méthodes consiste à se renseigner sur la prolifération de tiques dans sa région.

Les symptômes, ou comment savoir si son chien a la piroplasmose ?

​​Par précaution, voici les symptômes qui peuvent laisser soupçonner que votre chien est atteint par la piroplasmose :

  • Fatigue
  • Anémie
  • Abattement
  • Refus de s’alimenter
  • Fièvre
  • Muqueuses pâles ou jaunes
  • Urines très colorées
  • Toux
  • Convulsions
  • Boiteries

Les symptômes, dans la forme aiguë de la maladie, sont plus facilement reconnaissables (abattement, fièvre, urines foncées).

Dans une forme moindre, les signes cliniques sont moins évidents. L’anémie peut être plus légère, l’animal est peu fatigué et la fièvre modérée, voire absente. Cela dépend en fait des chiens, certaines races sont aussi plus sensibles que d’autres à la piroplasmose.

Quant aux symptômes atypiques, comme la toux, ils ne permettent pas, malheureusement, de s’alarmer à temps. C’est pourquoi, au moindre signe de maladie, mieux vaut voir un vétérinaire.Sans un traitement et des soins rapides, le chien peut mourir de la maladie.

​Complications de la piroplasmose

​Chez les chiens, l’infection par le piroplasme entraîne malheureusement souvent des aggravations. La maladie peut emporter l’animal en 48 heures.

La forme la plus fréquente et grave est l’anémie hémolytique, qui est une réaction immunitaire (maladie auto-immune). Les globules rouges sont détruits par l’organisme du chien.

L’éclatement des dits globules rouges produit des déchets qui intoxiquent également les organes des chiens. Cela entraîne une inflammation du foie (inflammation hépatique) et des reins (néphrite, trop d’urée).

La piroplasmose est trop souvent sous-estimée. Il est vrai que les symptômes n’aident pas à agir vite. Mais comme on peut le voir, le piroplasme peut-être particulièrement virulent.

Diagnostic de la piroplasmose chez le chien

​Lors de votre consultation chez le vétérinaire, comme les signes cliniques ne sont pas toujours clairs, voire atypiques (toux), des examens seront effectués afin de poser un diagnostic, ou non, de babésiose chez votre animal.

​Le frottis sanguin pour détecter la piroplasmose

​Le vétérinaire va prélever une goutte de sang, soit au bout de la queue, soit à l’oreille, pour la colorer sur une lamelle, dans le but de mettre en évidence le parasite babésia canis au microscope.

​Si rien n’est trouvé, cela n’infirme pas la maladie. Il faut donc procéder, à un autre examen si le test sanguin est négatif.

Le PCR

​C’est un test ADN. Il est beaucoup plus efficace que le test sanguin, mais il faut attendre pour les résultats. De plus, il n’est pas non plus infaillible.

​Le traitement contre la piroplasmose

​Le médicament le plus courant est l’imidocarbe diproprionate. Ce dernier est préconisé dans les affections des babésias canis.

Une seule injection peut suffire pour soigner votre chien rapidement.

Néanmoins, il peut avoir besoin de transfusions afin de remplacer les globules rouges, ainsi que de perfusions pour le réhydrater et stopper les infections du foie et des reins.

Dans ces cas-là, ainsi que pour l’anémie hémolytique, l’animal va être soigné dans une clinique vétérinaire.

Si le chien est pris en charge rapidement, les soins vont agir et il sera guéri, même si une forme chronique peut apparaître.

Si les organes sont très atteints, le traitement sera par contre beaucoup plus lourd et nécessitera des soins plus constants, surtout si le foie ou les reins sont gravement affectés. Mais la réussite de ces soins est très aléatoire, d’où l’importance de consulter son vétérinaire au moindre doute.

Attention, la piroplasmose ne doit pas se traiter sans avis médical à la maison avec des remèdes naturels, ou de l’hémopathie comme on peut le voir parfois sur le web. Cela ne sera d’aucune efficacité sur les parasites de votre chien.

Pire, si vous arrivez à masquer les symptômes, qui sont déjà peu reconnaissables, vous risquez de rendre visite à votre vétérinaire trop tard, et il ne pourra alors rien faire pour votre animal de compagnie.

​Comment éviter la piroplasmose du chien ?

​La meilleure façon d’éviter ces ennuis de santé à votre chien est encore, nous l’avons vu, d’éviter les parasites. La prévention joue là encore un rôle important.

Ce n’est pas pas évident, nos animaux de compagnie aimant se balader dans la nature. Les chiens doivent se promener, les chats sont très indépendants et ont tendance à se sauver facilement... Dans ces conditions, difficile d’éviter les tiques.

Malgré tout, il existe deux méthodes pour minimiser les risques.

Surveiller les tiques pour éviter la transmission de la piroplasmose chez le chien

​Cela peut paraître compliqué, et rien ne garantit qu’une tique ne va pas venir mordre votre chien. Mais vous pouvez agir en amont.

Appliquez un répulsif anti-tique, plus communément appelé anti parasitaire :

  • Les colliers pour chiens permettent de protéger votre chien ou votre chat plusieurs mois ;
  • Les pipettes. Protègent rapidement pendant plusieurs semaines ;
  • Les sprays anti-tiques sont à renouveler régulièrement.

Tous les jours, après que votre chien soit sorti, vérifiez la présence des tiques, et enlevez-les grâce à nos astuces pour les ôter en toute sécurité. Normalement, si vous retirez une tique rapidement, les parasites n’auront pas le temps d’infecter votre chien.

Vacciner son chien contre la piroplasmose

​Comme pour la maladie de Lyme, il existe un vaccin contre la piroplasmose. Ce dernier n’est pas forcément efficace à 100 %, mais son action permet tout de même d’éviter les complications. L’idéal est de vacciner les chiens avant la saison des tiques, qui s’étend du printemps jusqu’à l’automne. Certaines assurances santé pour animal de compagnie peuvent prendre en charge ce vaccin.

Attention, parfois votre chien peut tout de même contracter la maladie en hiver. Des cas rares, mais bien réels ont déjà été révélés.

Pour résumer : la babésiose infecte l’animal via une morsure de tique à travers la peau. Le chien y est particulièrement vulnérable. Une fois que le chien est mordu par une tique, les parasites passent dans le sang, et les symptômes non spécifiques apparaissent quelques jours à quelques semaines après.

La consultation chez le vétérinaire doit être faite en urgence, car la santé du chien peut décliner rapidement. La piroplasmose fait en effet partie des maladies mortelles pour les chiens. Après un frottis sanguin et/ou un PCR, la mise en évidence des parasites débouche sur un traitement qui peut être très efficace si la piroplasmose est prise à temps.

Pour éviter la maladie, protégez votre chien contre les tiques, et vaccinez-le. Parfois, une injection du traitement peut être préconisée sur un chien sain en cas de voyage dans une région à risque.

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